MELANIE DE BIASIO : A STOMACH IS BURNING (IGLOO/SOWAREX)

Elle est belge, jeune et belle. Adoubée par deux grands messieurs du jazz belge (Steve Houben et Daniel Léon), Mélanie De Biasio aurait pu être l’un de ces gadgets musicaux que l’on sort par temps de crise et dont on dispose une fois les affaires reparties. Mais non. Elle débute sa carrière par des groupes de rock et de funk, genres pour lesquels elle a un profond respect, un réel amour. De formation classique, elle est , dixit Steve Houben, une musicienne rare qui ne recherche jamais la facilité.
Si ce disque est très doux (quoique !), les influences de la Demoiselles (Siouxie, Nina Simone, Betty Davis, Abbey Lincoln) se font ressentir sans avoir l’air d’y toucher. Pas de cris, de hurlements, de démonstration technique ; plutôt des chuchotements, des murmures au creux de votre oreille, une invitation à la rêverie et un engagement, une musicalité, des choses à exprimer qui font de ce disque un moment de bonheur. 9 compositions originales et une reprise de « My man is gone now » de George Gerschwin jouées par une formation jazz classique rehausée de la présence d’orgues électriques. Un section basse – batterie composée de deux des plus fines lames du royaume (Teun Verbruggen et Axel Gillain), Steve Houben en invité pour des parties de sax et de flûte, le toucher de Pascal Paulus au piano assurent l’ossature musicale de ce disque intime, voire intimiste.
Ceux d’entre vous, Messieurs, qui ne frémissent pas à l’écoute des chansons « Les hommes endormis » et « Let me love you » sont incurables.
Ce premier album en appelle beaucoup d’autres.
Philippe Coicou (Dj Kwak)
