BALOJI : HOTEL IMPALA VOL.1 (EMI)

Quand, voici 3 ans, Balo annonce son départ du groupe Starflam (seul groupe de rap belge à jamais avoir gagné un disque d’or) dans lequel il se sent à l’étroit, le groupe vacille, et lui, il respire. Pour renaître à présent sous le nom de Baloji, le Sorcier. Mise à nu personnelle, exercice rapologique de haut –vol, redécouverte de ses origines, bilan des forces et faiblesses, « Hotel Impala » contient tout cela à la fois. Et plus. Un voyage entre Liège, le Congo (surtout), Bruxelles et Gand. Un voyage à travers un parcours individuel agité (adoption, solitude, délinquance, vedettariat) et le ressenti de cet homme venant de partout et nulle part à la fois. Ballotté entre ses paradoxes, ses villes d’adoption, entre ses familles.Impossible de nommer tous les musiciens invités pour cet album, ils sont trop nombreux (56). Quelques noms tout de même : Marc Moulin, Ella Woods (The Platters), The Glimmers, Amp Fiddler, Dieudonné Kabongo, Chris Joris, Infinite Skillz … Des ambiances hip hop, soul, soukouss, reggae, acoustiques même ; des instrumentations fantastiques sorties des oreilles de Peter Lesage (Moiano) et un mixage tout en nuances fait par Philippe Weiss (ingénieur de NTM, de Charles Aznavour entre autres)… Mais avant tout, des lyrics frappants de pertinence, secouants d’émotion, éminemment lucides et personnels, des mots au napalm ou à la soie, c’est selon leur destination. Des flows impeccables, du chant (parfois), et un feeling énorme. L’Afropéen Baloji se présente à vous de la plus belle et personnelle des façons.Rien à redire : de la très belle œuvre.
Philippe Coicou (Dj Kwak)
