
C’est l’histoire d’un mec, anglais, multi – instrumentiste. Qui sort, avec une métronomique régularité, des bombes dancefloor à couleur rétro mais curieusement actuelles sur l’un des meilleurs labels du moment. Des maxis et des 45T de très bonne tenue. Au son cru, ce son distinctif, des batteries croustillantes, des Hammond à la pelle, un groove éléphantesque. Une grosse culture musicale fort bien restituée, des influences revendiquées et assumées. Puis, vint l’heure de l’album. Epreuve toujours redoutable.
Et c’est ici que les Romains s’empoignèrent. Tous les ingrédients des recettes de Adam Gibbons sont ici réunis. Mais la sauce ne prend qu’à moitié. Ça manque de sel et de liant. Agréable en bouche mais un peu fade. Les zakouskis (« The outsider », « Touch my soul ») sont sympathiques ; les entrées (« Pure filth » trop propre malgré l’hommage appuyé à Gainsbourg ; « For you »), à moitié convaincantes. Le plat de résistance (« Live at the club » et « Mongrel strut ») se laissent déguster avec plaisir mais c’est aux desserts (« When the sun goes down » originellement par les Artic Monkeys et « Roderigo » ) que le repas prend son envol. Pour retomber dans la fadeur au pousse- café (« Where it’s at »). C’est la dégustation du repas d’un honnête cuisinier. Cuisine de famille versus maisons de bouche. L’un et l’autre ont leurs vertus.
À revoir en deuxième semaine.
Philippe Coicou (Dj Kwak)