JAZZ LIBERATORS : CLIN D’OEIL (KIF RECORDS)

De la ville de Meaux, on ne connaît pas grand-chose. La moutarde. Et, celui (parmi tant d’autres) qui me la fait monter au nez. Son député-maire-porte-parole du gouvernement : Jean-François Copé, lèche-botte numéro 1 de l’hyper- kinétique Sarkozy.
La bonne nouvelle, c’est qu’il y a, en provenance de cette charmante ville, un excellent groupe : les Jazz Liberators. Composé de Dusty, Mahdi et Dj Damage, le groupe existe depuis 1999. Leur premier véritable album, intitulé « Clin d’œil », sort après plusieurs maxis du meilleur acabit en compagnie, entre autres, de Wildchild, Declaime ou encore Aloe Blacc. Et comme bon nom ne saurait mentir, les Jazz Liberators rendent avec cet album, un hommage plus qu’appuyé au jazz et au hip hop qui s’en inspira. Celui des Mos Def, A Tribe Called Quest, J-Live, Brand Nubian et consorts. Ces années d’or du hip hop. 1990-1996. La liste des invités ressemble à un who’s who de ces années-là. J-Live donc, Sadat X (Brand Nubian), Apani B Fly MC, Fatlip de Pharcyde, Buckshot de Black Moon et j’en passe de moins prestigieux mais tout aussi qualitatifs. Malheureusement, tous se croient obligés de justifier leur présence sur le disque par un discours du style « J’aime le jazz et j’en écoute tous les jours » qui les fait, par moments, perdre en concision.
Moments de gloire : Sadat X et son flow nasillard caractéristique sur « The return », bombe « à la » Pharcyde période « Running away » ; « I am hip hop » de Asheru (Unsopken Heard) ; « Cool down » avec Raashan Ahmad des Crown City Rockers ; « Take a time » par Buckshot et son flow tendu de Gman en cavale. J Sands a eu la désagréable idée de se rendre dispensable, chassant le cachet, comme le titre de son rap l’indique (When the clock ticks/ I need a profit). De même que Lizz Fields et Apani.
La production est simple mais léchée et efficace. Ambiances jazzy-soul, couleurs chaudes, instrumentations live, bons flows de la part des invités, font de ce disque bourré de références l’une des bonnes surprises de ce début d’année malgré l’une ou l’autre longueur.
Philippe Coicou (Dj Kwak)


