
En faisant mes courses chez Amel Da Bee, l’autre jour, j’ai eu la surprise de recevoir dans mon petit colis ce "Anatomy of a Rap Crime" … Le sous-titre, "Autopsie de l’âge d’or du hip hop" en dit long … et pourtant … Pas assez. Compte tenu de la qualité du bidule.
Antoine a 16 ans, il aime Lord Kossity et Booba; pense que Public Enemy est un groupe de folk; et qu’une femme s’achète à coup de promesses bidon comme dans les clips de rap actuels. Une femme, ce n’est pas exclusivement un "Biaaaaatch", un homme n’est pas uniquement un "Nigga", Antoine. Le hip hop, c’est bien plus que B Deux O et 50 Cents.
L’âge d’or du hip hop, c’était quand la cote attribuée par The Source (la bible d’alors) comptait plus pour un Mc que le nombre de kilos de substances illicites écoulées pour parvenir à enregistrer un disque médiocre. C’était quand il y avait autant de fond que de forme dans les lyrics, quand les beats étaient composés de plus de trois accords de Korg Triton. L’âge d’or de cette contre-culture urbaine date de quand elle était contre-culture justement. Pas une culture commercialement dominante. Depuis, ça s’est singulièrement appauvri. C’est uniquement "All about the benjamins"…
Cette autopsie regroupe, en douze plages, le meilleur du hip hop. Du Big Bang, judicieusement appellé Before Chuck D (BC : Kurtis Blow, GrandMaster Flash, Afrika Bambaata, …) au paléolithique After Chuck (AC : 3rd Bass, NWA, …) et les époques plus modernes (entendre le Moyen-Âge avec A Tribe Called Quest; la Renaissance avec Showbiz & AG, Black Moon; …). Passage en revue, entre 1989 et 1999, de ce que cette musique et cette culture ont produit de meilleur.
Le cd est livré avec un cahier contant l’histoire de ce mouvement, des notes biographiques sur les groupes et quelques infos sur les sources sonores de ceux-ci.
Ca donne envie de sauter. Le mix est nerveux, techniquement au point et sans esbrouffe. Ca vous secoue le bide à grands coups d’infra-basses, de cuts très à-propos, dans un alignement parfait de classiques.
Alors voilà Antoine, se rêver en tycoon du mouvement comme un certain Mosey sans connaître la culture; fantasmer aux grandes marques citées par tes stars préférées; tout ça, c’est bien beau … tu peux à présent te mettre à l’écoute. Après, on cause …